Les mots d'Inês d'Almeÿ

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A felicidade reside nas coisas simples

Publié par Inês d' Almeÿ le avril 13, 2012
Publié dans: Em Português. Laisser un commentaire

A felicidade reside nas coisas simples

no essencial,

no irredutível,

no pequeno,

no fim de uma expiração profunda

Sinto-me feliz quando varro o chão, que o dia está a começar, que a luz está suficientemente baixa para ser visível, que o ar ainda não ficou turvo

Sinto-me feliz a simplesmente respirar (n)esse instante

 

 

 

Naufrage en basse-mer

Publié par Inês d' Almeÿ le mars 29, 2012
Publié dans: En Français. Laisser un commentaire

Extrait de la nouvelle

Naufrage en basse-mer

Je me trouvais en haut d’une falaise, debout.

Devant moi, il y avait la mer et le ciel, en proportions presque égales. La mer était basse, on voyait le squelette de la plage très brune, tout en bas, ses grains collés par l’écume qui l’avait abandonnée, qui semblait descendre toujours plus en bas, vers le fond, vers le ventre de l’océan. Je me suis retrouvé debout, sur cette falaise, au détour d’un chemin, ma voiture garée au bord, me demandant pourquoi j’étais venu, happé par une intuition que je devais rester là et que quelque chose se produirait.

J’étais debout et je vacillais un peu, il y avait un vent incroyable, inimaginable, une force grotesque et imposante qui semblait pouvoir déplacer des montagnes, fendre la falaise en deux. A mesure que je respirais dans le vent, qu’il passait dans ma gorge comme un aliment bien mastiqué, ami et connu, je me suis rendu compte que je le respirais et le contrôlais moi, dans ce rêve dans lequel j’étais et qui semblait me contrôler. Il me paraissait que j’étais son maître, la main au-dessus de ses ficelles. Il allait où je voulais, il soufflait de l’intensité que je lui choisissais.

Et puis, après quelque temps resté debout et en attente de quelque chose, guidant le vent de ma pensée, une fois ce vent amadoué et dressé, une fois les ficelles bien en main, j’ai senti comme un million de cerfs volants invisibles accrochés au bout de mes membres.

Je me suis senti tiraillé par tous ces bouts de ficelle et de tissus, bombés contre le vent, arqués pour résister, et mes bras et jambes tirés par tous ces petits objets dans le ciel, au dessus de la falaise, loin sur la mer. Une danse de cerfs volants invisibles, ma peau piquée doucement par eux, dans toutes les directions, comme un massage à l’envers. J’étais bien, heureux, je me sentais comme une partie de ce décor humide et vert, une partie des rochers surplombant la basse mer, une partie du ciel blanc et bleu. J’ai continué de laisser les cerfs volants me tirer doucement, et c’est alors que j’ai commencé à jouer de la mer, comme un instrument à mon écoute.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rendez-vous avec

Publié par Inês d' Almeÿ le février 28, 2012
Publié dans: En Français. Laisser un commentaire

Extrait de la nouvelle

 Rendez-vous avec 

Tout était moite et glacé cette nuit-là.

Des frissons réguliers sur la peau, la transpiration fine qui me recouvrait, des vapeurs de nuit tout autour de nous.

Je devinais sa peau à elle aussi moite et froide, les poils dressés sur les avant-bras. Nous avions le souffle court sur la plage, sous les étoiles trop fortes, impossibles à discerner directement, perceptibles seulement d’une présence discrète, du coin de l’œil, mais qui disparaissaient dans un flou de halos sitôt les yeux rivés dessus, comme timides.

Ca paraissait trop beau pour pouvoir être vrai, et toucher le réel. Des étoiles filantes dans une chute continue, le même vœu à chaque fois prononcé à voix haute dans ma tête. Plus j’en voyais tomber, et plus j’avais de chances qu’il se réalise. C’était un instant-cliché si proche d’une projection de cliché vu un million de fois sur des écrans qu’il en devenait plausible.

Je l’ai accepté et embrassé dans ma réalité comme étant un cliché neuf, comme non-cliché, comme instant présent et plausible, mieux, comme instant réel.

Photo Ana Rocha

Sentada no café

Publié par Inês d' Almeÿ le février 22, 2012
Publié dans: Em Português. Tagged: escrita, essai, fotografia, Inês d'Almeÿ, instant, paisagem. Laisser un commentaire

Enquanto escrevo no café ou leio o jornal sentada entre os choques das taças e dos cotovelos, vejo-te ao pé de mim vendo as mesmas coisas, ou imagino-te, e é quase a mesma coisa, na diferença das coisas iguais, imagino-te e vejo-te e é quase identicamente diferente, e quase diferentemente idêntico, se calhar mais este do que aquele, mas sempre verdade também

Aquela coisa que as palavras fazem, dizer a diferença do mesmo

Voyages immobiles

Publié par Inês d' Almeÿ le février 16, 2012
Publié dans: En Français. Tagged: baleias, baleines, fotografia, Inês d'Almeÿ, photographie, photography, poésie, whales. Laisser un commentaire

Extrait de la nouvelle

Voyages immobiles

J’ai déjà décidé de ma mort. Je sais que lorsque tout cela aura atteint son paroxysme, que la vague de chant m’aura inondée parfaitement, que je ne tiendrai plus, je jouerai pour de bon au dieu échoué.

Je trouverai une belle plage, à l’odeur d’iode et de vent humide. Je me déshabillerai, je creuserai un trou et j’y enterrerai mes vêtements. Je resterai quelque temps à regarder les vagues, à étudier leur déferlement millénaire, je goûterai à l’éternité du pauvre, du marin et du solitaire qui se repaît du spectacle des vagues. Je me remémorerai les meilleurs moments des voyages immobiles, de ma vie silencieuse et éthérée, de mes chants miraculeux internes, étouffés et toujours présents. Je dessinerai une dernière portée mentale de leur musique.

Puis je me baignerai et je fermerai les yeux.

Je me fondrai d’écume, j’ouvrirai mon estomac et je laisserai les baleines être en moi, encore, une dernière fois.

Je les laisserai chanter mon coup de grâce.

Puis je m’échouerai, l’estomac ouvert, comme un poisson que l’on a découpé, et des chants lancinants et plaintifs s’échapperont, saccadés, de ma dernière respiration.

 

 

As coisas simples

Publié par Inês d' Almeÿ le février 8, 2012
Publié dans: Em Português. Tagged: écriture, decolar, escrita, essai, fotografia, Inês d'Almeÿ, morar, os caminhos, photographie, photography, poetry, vue, writing. Laisser un commentaire

Enquanto tu te vestes, da janela por baixo aparecem vozes de passantes,

eu sentada escrevo distraidamente para não perder os pequenos acontecimentos da rua para dentro, dos teus passos que criam calor entre os ruídos dos carros furtivos,

estamos a morar no suspiro partilhado da cidade,  aviões a decolar dentro do salão e passeios a ser traçados na minha cabeça, vamos sair e caminhar,

e este pensamento dá-me formigas nas pernas e já existe aqui,

um trilho no chão de madeira esta a ser formado e a sair pela janela aberta por baixo como uma língua sorridente,

o universo inteiro conspira para a nossa felicidade, os caminhos estão a ser desenhados,

já saímos pela porta janela rua

e os  nossos passos ecoam na cidade toda do apartamento sossegado

In this garden that could be anywhere in the world

Publié par Inês d' Almeÿ le février 6, 2012
Publié dans: Em Português. Tagged: écriture, escrita, essai, Inês d'Almeÿ, landscape, paisagem, poetry, writing. Laisser un commentaire

A impressão de acabar o globo, olhando pelo céu cor de tinta quando posso perder o oco da cabeça no movimento do ar da noite, tenho a cabeça virada pelo céu cor de tinta e sinto o globo infinito acariciando o topo do meu crânio e os seus lados de tanto ser, agora a escrever sinto que perco o ritmo da clareza, um aspirador suga-me o globo do oco e vejo-me com a cabeça encaixada nesta visão de céu preto e frio, claro também as estrelas são, e a cabeça está no centro do redondo do globo, enquanto quando tive esta visão vista, olhando pelo céu cor de tinta, sabia que aquele céu podia ser qualquer céu, mas que também não, pois era este céu, aquele olhar de pescoço torcido virado para o longe do céu, podia ser qualquer olhar torcido e não, porque era este, e o lugar do mundo podia ser qualquer, e todos, e não…

Tantos lugares num só, só olhando pelo céu, mas era este lugar

.. .

Publié par Inês d' Almeÿ le février 2, 2012
Publié dans: En Français. Tagged: écriture, escrita, essai, fragment, Inês d'Almeÿ, infini, instant, landscape, poetry, writing. Laisser un commentaire

L’instant

lié, dans son infini de fragmentations

être en étant               dans

les espaces-entre

Par la fenêtre

Publié par Inês d' Almeÿ le janvier 30, 2012
Publié dans: En Français. Tagged: écriture, escrita, essai, fenêtre, fragment, Inês d'Almeÿ, instant, irréel, japon, landscape, paisagem, poetry, réel, tsunami, vue, writing. Laisser un commentaire

Extrait de la nouvelle

Par la fenêtre 

Assis sur le canapé, par la fenêtre ouverte, il voyait toute la ville qui s’étendait en blocs réguliers, gris, blancs, avec tous ses néons et signes publicitaires colorés.

L’avantage de vivre au 30ème étage d’une tour à S. était sans aucun doute de pouvoir avoir le luxe d’admirer l’étendue de la métropole, assis. Comme à chaque fois qu’il s’installait sur le canapé, et à l’instar de la plupart de ses compatriotes préférant s’asseoir sur le sol, il ne venait pas les mains vides. Une tasse de thé venait colorer d’avantage de sa fumée la vue de la ville, et à travers les volutes, il se plaisait à remarquer chaque fois un nouveau détail.

Un toit nouveau, caché derrière dix autres, de nouvelles antennes paraboliques, un son dans le brouillard des voitures qui paraissait surgir des profondeurs. Et à chaque gorgée de thé, il savourait le simple plaisir d’être revenu du travail, de ne plus devoir se lever de ce canapé jusqu’au lendemain matin s’il le souhaitait, de sentir son corps entier s’enfoncer dans ce bout d’étoffe, mollement.

Un Conte

Publié par Inês d' Almeÿ le janvier 27, 2012
Publié dans: En Français. Tagged: écriture, conte, escrita, essai, fantastique, Inês d'Almeÿ, irréel, métaphysique, réel, writing. Laisser un commentaire

Extrait de la nouvelle:

Un conte

Un soir donc, la nuit ne vint pas.

Le soleil avait arrêté sa danse vers 14h, il était resté juste un peu en dessous de la verticale du ciel, pas assez fort pour faire mal, mais assez bas pour se laisser toucher de la peau. Elles ont d’abord pensé que c’était un phénomène temporaire, que le soleil était plus lent et paresseux ce jour-là, qu’il finirait bien par se botter le derrière à lui-même et repartir en avant.

Quand, vers 19h, elles virent qu’il était toujours dans la même position et toujours aussi fort, elles ne désespérèrent pas et attendirent.

Vers minuit, il n’y eut toujours pas de changement, et elles commencèrent à sentir comme si cela avait toujours été pareil, que le soleil ne s’était jamais couché et était toujours resté bloqué à 14h.

Elles avaient accepté les choses absurdes comme mode de survie, pour garder leur tête pensante.

A 6 heures du matin, l’éclat du soleil leur sembla normal. Elles ne se souvenaient pas d’une journée où le soleil eut eu une autre position dans le ciel, ou même qu’il eut jamais bougé. Le soleil était à 14h depuis toujours, pour toujours.

Alors en oubliant, elles recommencèrent les mêmes gestes, sans se souvenir que ces gestes de vie avaient existé dans d’autres temps, d’autres contextes de lumière, chaleur, exposition, que ces gestes avaient existé dans la situation et le moment où ils devaient exister, et que maintenant, au jour des 14h perpétuelles, ils n’avaient plus de sens.

 

photo ana rocha

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